Phytothérapie

                                                                                 

Cette page est là pour apporter quelques informations, voire une aide, pour des symptômes divers que les traitements classiques de la médecine traditionnelle (la mienne) ne savent pas toujours soulager.

Lisant régulièrement la littérature médicale, j'y découvre au fil des mois que des plantes (phyto) sont testées dans des études scientifiques et que certaines ont des effets positifs très intéressants. Voici ces pistes, en espérant qu'elles pourront être utiles. Certains passages sont dans le jargon médical d'origine, volontairement conservé par respect pour mes collègues.

ATTENTION: l'utilisation des plantes ne signifie pas "sans danger" ni "sans effets secondaires". Je recommande l'accompagnement, et le contrôle d'un médecin pour toute approche thérapeutique (sauf pour les attaques de poux !).

 

Rhume : le prévenir ou le raccourcir

Sinusite: soigner et prévenir sans antibiotique

Petit reflux ou pyrosis

Hémorroïdes

Ménaupose et syndrome pré-menstruel

Alerte aux poux

Dépression traitée avec le millepertuis

Infection urinaire et jus de cranberry

Prostate et simples

Arthrose: enfin du nouveau ?

Grossesse

 

 

 

Prevenir ou raccourcir le rhume banal

Une méta-analyse de 14 études randomisées et contrôlées publiée dans le Lancet a montré que les extraits d'échinacée permettaient de réduire de plus de la moitié (58%) la fréquence des infections banales des voies respiratoires et de diminuer leur durée. Cet effet était encore plus marqué en cas d'association avec de la vitamine C et de la propolis. Les mécanismes en cause, supposés immunostimulants, restent encore inconnus.


 

 

Soigner ET Prevenir la Sinusite

Il existe 3 formes de sinusites: aigue (persistant 3 à 4 semaines), chronique (plus de 8 semaines) et récidivantes (3 épisodes par an ou plus). Par leur effet anti-inflammatoire les phytomédicaments améliorent l'écoulement des sécrétions et donc la ventilation des sinus affectés.

Une fois le diagnostic clairement établi. le Sinupret est un phytomédicament très efficace qui contient de la racine de gentiane, des fleurs de primevère avec corolle, herbe d'oseille, fleur de sureau et verveine. Il permet d'éliminer au moins 90% des germes les plus courants dans la rhinosinusite aigue. Cette efficacité est à ne pas négliger aujourd'hui où les résistances aux antibiotiques progressent constamment.

 

 

Syndrome pre-menstruel et menaupose

Résumé de différents articles parus dans la Tribune Médicale 2006-2008

La pré-ménopause

Les troubles de la ménopause ne se réduisent pas aux bouffées de chaleur et au déficit en oestrogènes. En fait, ils débutent par la pré-ménopause pendant laquelle la pluspart des femmes ont des plaintes identiques à celles du syndrome prémenstruel (insuffisance lutéale c'est-à-dire en progestérone, et prédominance en oestrogènes). Ajouter des oestrogènes en prénémopause serait une erreur qui ne ferait qu'aggraver les symptômes. Ce n'est que plus tard qu'apparait la diminution des oestrogènes avec les bouffées de chaleur, sudations abondantes, troubles du sommeil, palpitations et atrophie des muqueuses.

Les femmes pré-ménopausées ont 45 à 49 ans et sont génées par:

- des cycles courts

- des règles abondantes à très abondantes en cas d'hyperplasie endométriale;

- une légère augmentation de la sudation sans réelle bouffée de chaleur;

- des manifestations psychiques ressemblent à celles du syndrome prémenstruel: humeur dépressive, irritabilité, céphalées, mastodynie, ballonements, fatigue, etc.

Les troubles du cycle menstruel

Ils ont souvent pour origine une insuffisance du corps jaune (corpus luteum) d'origine ovarienne qui a pour conséquence une diminution de la production de  progestérone au cours de la deuxième moitié du cyle. Les douleurs typiques apparaissent quelques jours avant les règles.

Les extraits de gattilier (vitex agnus-castus) ont une efficacité bien documentée dans le syndrome prémenstruel et dans le syndrome préménopausique. Ils stabilisent le cyle hormonal. Le fin réglage entre l'hypophyse et les ovaires s'en trouve amélioré. Le corps jaune est stimulé et secrète davantage de progestérone. Les différents symptômes psychiques et physiques de la préménopause et du syndrome prémenstruel répondent bien au gattilier.

 

Shéma posologique (Oprane 40, PreMens, Prefemin):

- 1 dragée par jour, pendant un cycle entier;

- si efficace: 1 fois par jour, seulement au cours de la 

  2ème moitié du cycle;

- si efficace: 1 fois par jour seulement la dernière

  semaine du cycle puis seulement en cas de symtômes.

La dose peut être doublée. Poursuivre aussi longtemps que nécessaire.

 

Les effets peuvent se faire ressentir rapidement, débutant déjà après une heure pour l'humeur dépressive et l'irritabilité, ou beaucoup plus tardivement pour d'autres. Il faut parfois plusieurs mois avant de pouvoir évaluer les effets complets. Il peut se produire une irrégularité bégnine des menstruations et rarement, un exanthème.

L'huile de graines d'onagre (Oenothera biennis) contient des acides gamma-linoléiques qui semblent agir directement sur la prolactinémie. Les données ne sont pas sans équivoque mais certaines femmes se disent soulagées par cette huile.
En pharmacie: Epogam

 

La mEnopause

Bouffées de chaleur, transpirations profuses et troubles du sommeil perturbent jusqu'à 75% des femmes pendant la ménopause. Et ces troubles peuvent durer jusqu'à 5 ans. Les traitements hormonaux de substitution ont fait l'objet de beaucoup de critiques en raison de leurs effets secondaires. Heureusement, les extraits d'actée à grappes ont une efficacité certaine et sont sans effet indésirable sur l'utérus comme cela a été prouvée dans de nombreuses études scientifiques.

A l'appartition des bouffées de chaleur, c'est-à-dire lorsque la production d'oestrogènes baisse, on peut donc passer à l'actée à grappes (Cimicifuga racemosa).

 

Shéma posologique (Cimifemine, Clinavita, Feminelle, Femicin): 1 à 2 dragées par jour selon la préparation.

Si bseoin on peut doubler la dose.

Attention ! Certains parlent d'une possible hépatotoxicité.

 

Je ne conseille pas les préparations à base de soja et de trèfle rouge qui contiennent toutes les deux des isoflavones ou phyto-oestrogènes. En effet, les données disponibles concernant ces produits sont très contradictoires, ne montrant pas d'effets positifs ou minimes. De plus, une étude italienne a révélé la survenue, après 5 ans de traitement par isoflavones extraites du soja, de quelques cas d'hyperplasie endométriale, un facteur de développer un cancer de l'utérus. Mieux vaut manger du soja et du tofu que de prendre des extraits de soja !

En tant que source de phyto-oestrogènes, les graines de lin sont plus prometteuses. Le dosage est d'au moins une cuillère à soupe de graines moulues par jour, si possible dans du muesli. Par ailleurs, les produits phytothérapeutiques à base de plantes analogues des oestrogènes peuvent être utilisés localement en cas de sècheresse vaginale.

 

Préparations prises en charge par les caisses-maladie en Suisse:

Gattilier: Opran, PReMens
Huile d'onagre: Epogam

Actée en grappes: Cimefemin, Climavita, Maxife, Feminelle

Préparations hors liste des spécialités:

Gattilier: Emoton, Herbamens, Prefemin

Huile d'onagre: Biennol, huile d'onagre Burgerstein EPO, Efamol, huile d'onagre EPO 500.

Actée à grappes: Femicin, HERBAGyn

 

 

Petit Reflux ou pyrosis

La tisane de feuilles de guimauve (Althaea officinalis), d'anis et de graines de fenouil, de même que la tisane de camomille ont fait leur preuves. On les boit 3 fois par jour après ou entre les repas, bues à petites gorgées.

 

Hemorroides

Les plantes médicinales astringentes sont utiles. La décoction d'écorce ou de feuilles d'hamamélis (Hamamelis Virginiana), d'écorce de chêne (Quercus rubor) ou de feuilles de grand plantain ou queue de rat (Plantago major) sous forme de bain de siège, soulage le rpurit et les douleurs. Ce traitement permet aussi la régression au moins partielle des hémorroïdes

 

 

Alerte aux poux !

Petit rappel (selon le Professeur Heinz Mehlhorn, Institut de Parasitologie de l'Université de Dusseldorf, rapporté par la Tribune Médicale) :

Le pou de la tête peut atteindre une taille de 3mm. Les lentes adhèrent très fermement à la base des cheveux. Ni les peignes ni les shampoings ne peuvent les déloger.

Les poux, qui font le désespoir des mères, provoquent souvent un branle-bas de combat, grand nettoyage, extermination des animaux en peluche, course chez le médecin pour certificat médical, etc. Mais tout cela est-il nécessaire ?
Le remède classique consiste à appliquer à plusieurs reprises des substances de la classe du malathion, de la perméthrine ou des lindanes (conseils et détails donnés en pharmacie). Le premier traitement ne permet d'éliminer que les nymphes et les animaux adultes. Les enfants peuvent cependant regagner l'école dès le lendemain. Une seconde application sera indispensable après huit jours, puis une troisième application une semaine plus tard pour éradiquer les lentes écloses entre-temps. Une fois le traitement appliqué, le médecin ne peut parfois que constater la présence de lentes, qui ne sont en réalité des enveloppes vides, et il n'a donc pas la possibilité de déterminer si l'enfant est bien exempt de parasites. Le certificat de la maman disant qu'elle a bien fait les applications recommandées serait donc tout aussi important (plus?) que celui du médecin de famille.

Les poux de tête sont des animaux fidèles ! Ils ne quittent leur hôte que lorsqu'ils sont repus et ne peuvent survivre que quelques heures sans la chaleur du scalp. Une fois tombés de la tête, ils meurent. Les grands lavages de toute la maison sont donc inutiles. Il suffit de bien passer l'aspirateur comme d'habitude. Attention en revanche aux réinfections entre personnes de la même famille.

Les alternatives aux insecticides

Ces alternatives sont intéressantes parce que les insecticides peuvent avoir des effets secondaires, mais aussi parce que les poux peuvent développer des résistances contre les insecticides classiques. Ces méthodes alternatives agissent mécaniquement ou mécanico-chimiquement, en recouvrant les oeufs, les lentes et les poux d'un enduit qui empêche la respiration. De plus, une réaction chimique provoque une obstruction des voies respiratoires des poux et des lentes par phénomène inflammatoire. Ces produits alternatifs sont à base d'huiles ou de silicone. La diméticone (polysilane UPSA), une longue molécule de silicone peut être utilisée. Pour être efficaces, ces produits à base de silicone doivent rester bien plus logtemps en contact que les insecticides classiques: jusqu'à la disparition totale des poux et des lentes. Une étude randomisée a véréfié son efficacité (Arzneimitteltelegramm 2006; 37(9):80-82). L'huile de coco fait aussi partie des alternatives, seule ou en association avec des huiles essentielles d'anis ou d'ylang-ylang.

 

 

 

Le Millepertuis contre la depression          

millepertuis3 Il est aussi efficace que les antidépresseurs synthétiques

La revue médicale de renommée internationale, le "British Medical Journal" (1), qui ne traite que rarement les sujets de phytothérapie, a publié un article concernant une étude clinique dans laquelle l’extrait de millepertuis WS 5570 (2) a été comparé à un antidépresseur synthétique, la paroxétine, prescrite de façon standard également en Suisse, dans le traitement des dépressions modérées à sévères. La paroxétine est un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (Selective Serotonin Reuptake Inhibitor, SSRI) et fait partie des antidépresseurs leaders au niveau international. Le résultat de cette étude clinique d’une durée de 6 semaines a montré que la préparation à base de millepertuis était au moins aussi efficace que la paroxétine.
Durant cette étude, menée dans différentes cliniques psychiatriques d’Allemagne, 120 patients souffrants de dépression jugée modérée à sévère selon le standard international (échelle de dépression selon Hamilton) ont été traités avec soit 300 – 600 mg de WS5570 3 fois par jour, soit 20 – 40 mg de paroxétine par jour. Le dosage le plus élevé de chacun des traitements (57% dans le groupe "millepertuis" ; 48% dans le groupe "paroxétine") a été administré lorsque l’effet a été jugé insatisfaisant après 2 semaines de traitement.
À la fin de l’étude, une nette amélioration de la dépression a été constatée auprès de 50% des patients du groupe "millepertuis" et auprès de 35% du groupe "paroxétine". En ce qui concerne les effets secondaires, l'extrait WS 5570 a fait preuve d’une supériorité par rapport à la paroxétine ; nettement moins d’effets secondaires ont été rapportés par les patients du groupe "millepertuis" que dans le groupe "paroxétine".

La SMGP/SSPM constate par cette étude que l’efficacité scientifique du millepertuis dans le traitement des dépressions est une nouvelle fois confirmée et, avec l'extrait WS 5570, un effet semblable du millepertuis par rapport à celui de la paroxétine est même démontré. La proportion élevée de patients ayant pris 1800 mg par jour de WS 5570 de la troisième à la sixième semaine de traitement, indique que la posologie journalière usuelle de 500 – 900 mg d’extrait de millepertuis convient au traitement des dépressions légères à modérées et que la dose nettement plus élevée de 1800 mg par jour ouvre de nouvelles possibilités dans le traitement des dépressions sévères.

(1) BMJ, doi:10.1136/bmj.38356.655266.82
(2) L’extrait de millepertuis WS 5570 est distribué en Suisse par l’entreprise Schwabe Pharma SA sous le nom de marque Hyperiplant®.

Centre médiatique SSPM, 02-03-2005
Informations complémentaires :
www.smgp.ch
www.bmjjournals.com

Attention aux interactions:

Des cas d’interactions médicamenteuses ont été rapportées entre le millepertuis et des médicaments à faible marge thérapeutique notamment la digoxine, la théophylline, les anti-vitamines K, la ciclosporine et des contraceptifs oraux. Ces interactions conduisent à la diminution des concentrations plasmatiques et de l’effet thérapeutique de ces médicaments. A l’inverse, une interruption brutale de la prise de millepertuis peut entraîner une augmentation des concentrations plasmatiques de ces médicaments, en raison de la suppression de l’effet inducteur du millepertuis.

DONC: Il est conseillé aux patientes recevant un médicament contraceptif oral de ne pas associer de millepertuis, étant donné le risque de diminution de l’efficacité contraceptive ; plus généralement, il paraît raisonnable de ne pas associer de millepertuis à d'autre traitement médicamenteux, étant donné le risque d’interaction médicamenteuse pouvant se traduire par une baisse d’efficacité des médicaments associés.

Le millepertuis contient des substances photosensibilisantes, en particulier à haute dose ou en cas d’utilisation chronique.

Recommandations :

-pas d'automédication,

-ne pas prendre pendant la grossesse,

-pas de traitement prolongé,

-ne pas prendre de millepertuis en cas de traitement médicamenteux .

-ne pas arrêter brutalement le traitement par millepertuis car cela peut augmenter les effets des autres médicaments,

-éviter le soleil pendant le traitement,

-à prendre de préférence pendant les repas.

Enfin, pour cesser un traitement au millepertuis, il faut diminuer graduellement les dosages de millepertuis durant une à deux semaines avant d’interrompre le traitement afin d'éviter un syndrome de sevrage. .

 

 

 

JUS de Cranberry et infection urinaire

Le jus de cranberry (canneberge en français) se trouve désormais sur les étagères de nos supermarchés. Les étiquettes nous rappellent que cette baie rouge made in USA pourrait aider à espacer les épisodes de cystite chez les femmes à risque. Attention cependant a ne pas être dupe. Un tout petit peu de jus de cranberry vieilli dans une bouteille depuis des mois et enseveli sous de grosses quantités de sucres et additifs...n'est probablement ni efficace ni même très sain.

Cela n'empêche pas que ce fruit pourrait posséder des propritétés intéressantes. Selon Lipson et coll., le jus de cranberry pourrait avoir des activités virostatiques, voire virucides. Un produit déjà commercialisé aux Etats-Unis s’est révélé capable de neutraliser des bactériophages T2 ou T4 ; plus intéressant, des rotavirus simiens traités à l’extrait de baie se sont avérés incapables d’agglutiner des globules rouges, révélant ainsi une perte de pathogénicité virale. Plusieurs mécanismes antiviraux sont évoqués, qui pourraient aussi bien impliquer la cellule cible (rénale, intestinale ou autre) et ses récepteurs sensibles aux tanins et flavonoïdes végétaux qu’une interférence directe dans le cycle de réplication viral. Des études sur rotavirus humains sont évidemment souhaitées.

L’effet anti bactérien du jus de cranberry, quant à lui, a fait l’objet de plusieurs études. Les polymères phénoliques de la baie seraient doués d’une activité bactériostatique, qui pourrait compléter l’effet d’inhibition de l’adhésion cellulaire nécessaire à la pénétration dans les cellules humaine de divers micro-organismes pathogènes. Des applications médicales pourraient être développées, sans doute d’abord en prévention…

Un bémol cependant, les suppléments diététiques à base de canneberge pourraient augmenter le risque de lithiase rénale.

Le cranberry n’est pas un fruit miracle mais, en dehors des personnes souffrant de coliques néphrétiques, un petit verre de temps en temps ne devrait pas faire de mal...

 

Lipson SM et coll. : “Antiviral effects on bacteriophages and rotavirus by cranberry juice.” Phytomedicine 2007 ; 14 : 23-30. Puupponen-Pimia R et coll. « Bioactive berry compounds-novel tools against human pathogens.” Appl Microbiol Biotechnol 2005; 67 : 8-18

 

 

Aïe, ma prostate !

La prostate est un organe habituellement discret. Elle peut néanmoins s'inflammer à tout âge (prostatite) mais c'est surtout son hypertrophie bénigne et son carcinome qui font parler d'eux par leur fréquence. Environ la moitié des hommes de plus de 60 ans et presque 90% de ceux de plus de 80 ans présentent des troubles de la miction d'origine prostatique.

Dans le cas de l'hypertrophie bénigne, plus de 30 plantes médicinales sont utilisées dans des préparations dont l'efficacité a été confirmée par des méta-analyses récentes. Le palmier nain et ses fruits ronds (Sabal serrulata) occupent la première place. Les phytostérols et les extraits d'ortie (Urtica dioica, Urtica urens) ont eux aussi fait leur preuve.

Le carcinome de la prostate est le plus fréquent chez l'homme. Les méthodes de dépistage (mesure du PSA) permettent de déceler des stades précoces, stades où l'intervention chirurgicale ou la radiothérapie peuvent être curatifs. Pour les autres cas, le traitement hormonal freine la croissance des cellules mais la tumeur devient généralement résistante au traitement après 2 ans. Les spécialistes de la clinique Aeskulap à Brunnen, SZ, ont vérifié pendant trois ans l'efficacité de trois préparations phytothérapeutiques:

- phytostérols, palmier nain, prunier d'Afrique, ginseng, gingembre, champignons Reishi (ganoderma lucidum).

- arabinoxylane tirée de son de riz

- curcumine tirée du curcuma (curcuma longa).

Ces substances peuvent être combinées et semblent améliorer la qualité de vie de 70% des patients traités.

De nombreuses préparations sont disponibles en pharmacie, certaines prises en charge par l'assurance de base.

 

 

Arthrose: enfin du nouveau ?

Brachystemma Calycinium D  (BCD) est une plante annuelle grimpante que l’on retrouve en  Asie tempérée et himalayenne. Elle pousse sur des pentes herbeuses et en forêts entre 500 et 2 700 m. Elle est souvent utilisée en médecine traditionnelle chinoise à visée antalgique.

Les extraits de cette plante contiennent des alcaloïdes tels les brachystemidine F et G , lesquels ont montré un effet inhibiteur sur la prolifération des lymphocytes B et T.

Quelques études précédentes menées chez le rat ont mis en évidence un  effet clinique d’extrait de BCD sur la gonarthrose.

Une équipe canadienne a entrepris une étude chez des chiens avec pour but d’évaluer les effets d’un traitement oral avec un extrait de BCD sur le développement et les symptômes cliniques de la gonarthrose.

Un modèle expérimental d’arthrose chez le chien a été obtenu par la section du ligament croisé antérieur. Un groupe de 6-7 chiens a reçu un extrait de BCD (200 mg/kg par jour)  oralement pendant 8 semaines alors qu’un groupe contrôle de 6-7 animaux recevait un placebo.

Les lésions cartilagineuses macroscopiques et histologiques étaient alors évaluées et une analyse immunohistochimique du cartilage était effectuée pour mesurer les niveaux de NO, MMP 13 et PAR 2 (protease activated receptor).

Le traitement par BCD a réduit la sévérité (P=0,04) et le score histologique ( P<0,02) des lésions cartilagineuses, ainsi que les facteurs cataboliques (MMP et NO) et le niveau de PAR 2. Les chien traités avaient une augmentation significative de leur force musculaire à 8 semaines.

Cette étude est la première a montrer qu’une thérapeutique inhibant la PAR 2 est associée à un effet anti arthrosique.

Boileau C et coll. : Oral treatment with a Brachystemma calycinum D don plant extract reduces disease symptoms and the development of cartilage lesions in experimental dog osteoarthritis : inhibition of protease- activated receptor 2.
Ann Rheum Disease 2010;69:1179-1184

 

La librairie Cochrane avait réalisé, il y a quelques années, une revue systématique de l’efficacité de la phytothérapie dans le traitement de l’arthrose avec des conclusions en demi teinte. Mais d’autres études sont venues s’ajouter à la masse d’informations sur le sujet, raison pour laquelle une équipe de l’université de Victoria (Australie) a complété cette méta-analyse en ajoutant les études publiées entre janvier 2000 et décembre 2006.

Deux études ont évalué les effets d’une préparation chinoise, le SKI306X par rapport à ceux du diclofénac : à la dose journalière de 600mg en trois prises, le SKI306X donnait un résultat comparable à 100mg/jour de la préparation retard de diclofénac en terme de sédation de la douleur. Dans deux essais, l’administration de 5g de Rosa canina (rosier du chien), comparée au placebo entraînait une réduction significative de la douleur mesurée sur une échelle visuelle. L’Harpagophytum procumbens (griffe du diable) évalué par rapport au placebo dans deux autres études a montré également un effet favorable sur la douleur. Trois autres travaux ont comparé Phytodolor (écorce de frêne, feuille de tremble, écorce de tremble) au placebo mais les mesures n’ont pas été contrôlées. Enfin, trois études avec du gingembre n’ont pu être poolées parce que les préparations utilisées étaient fort différentes. Par contre, l’action bénéfique de l’association graine de soja – avocat insaponifiable, dont l’efficacité avait été reconnue dans la première méta-analyse, a été confirmée dans une étude supplémentaire. Aucun de ces essais n’a mis en évidence d’effets secondaires notables avec aucune de ces préparations envisagées.

Les autres études retenues dans l’analyse australienne ne permettent pas de tirer de conclusion dans la mesure où elles concernaient chaque fois un produit différent.

Cameron M et coll. : « Herbal therapy for treating osteoarthritis: update of Cochrane review” Ann Rheum Dis 2007; 66(Suppl II) : 494 (SAT0213). Communication à l’EULAR Barcelone, 16 juin 2007

 

 

 

Grossesse

Les membres du réseau suisse de phytothérapie gynécologique HERBADONNA sont particulièrement intéressés et connaisseurs sur ce sujet (Dr sc.nat. Beatrix Falch).

Lors de cette période importante, je recommande le suivi par un médecin auquel vous pourrez demander d'utiliser des plantes.

 

 

Souvenirs

Dr.M.Balandraux Olivet  - Prof.H.Stalder